Albert Popp, maître sculpteur

Le jeudi 28 février à 20h, dans la salle des Conférences des Archives Municipales, un public nombreux a investi les lieux.
Devant un auditoire intéressé et curieux, Jean Michel LANG et Stéphane BECK ont présenté les fruits de leurs recherches qui ont donné naissance à un ouvrage bien documenté :  « Albert POPP , maître sculpteur (1882-1965) à Créhange » . Les auteurs, spécialistes de l’art religieux, ont pour ce faire visité de nombreux lieux en Moselle qu’Albert POPP a marqué de son passage. Ils ont pu rencontrer une descendante de ce maître qui leur a livré de précieux documents.

Leur diaporama qui présentait le sculpteur et son travail a permis de mieux connaître l’artiste et aussi de réaliser la valeur de toutes les sculptures qui hélas disparaissent progressivement de nos cimetières… Pour illustrer leur sujet, ils ont fait circuler des pierres de différentes natures ayant servi à la sculpture de stèles et tombes…

L’histoire du sculpteur, la nature des matériaux utilisés, les techniques employées, ont été abordés par les orateurs incollables sur le sujet. A l'issue de cette conférence, un pot de l'Amitié  a réuni les participants, heureux de se retrouver.

 

ALBERT POPP (1882-1965), MAÎTRE-SCULPTEUR A CREHANGE

Jean-Michel Lang et Stéphane Beck

Albert Popp est né en 1882 à Stuttgart. Alors que ses origines familiales ne le prédestinent pas à une profession artistique, il manifeste très tôt des talents de dessinateur et de modeleur, prémices à l'accomplissement d'une carrière de sculpteur-statuaire. Il se forme d'abord sur de grands chantiers en Allemagne, puis arrive à Metz, à l'époque du « Reichsland Elsass-Lorthringen », où il travaille aux fontaines de l'Esplanade, à la cathédrale et à la gare impériale. En 1908, le mariage avec Elisabeth Hauser, fille d'un modeste laboureur de Créhange, scelle l'installation de son atelier dans ce village proche de Faulquemont. Il y exercera pendant plus de 40 ans son noble métier.

Les grands anges sculptés par Albert Popp témoignent du savoir-faire et de la sensibilité d'un artiste d’exception. Les clients qui lui achètent une stèle, ainsi que les communes lui confiant la réalisation d'un monument aux morts ou la restauration d'un calvaire, l’ont bien compris : sa réputation lui permet de développer une entreprise qui rayonne rapidement sur un périmètre toujours plus large. Mais son existence est marquée par le sceau du destin : la terrible perte d'êtres chers durant la Seconde Guerre mondiale l'affecte profondément. Aussi, après 1945, l'évolution de l'art funéraire le force à s'adapter à la mode des pierres polies, ce qui bouleverse complètement son activité professionnelle. Rompu au dur labeur quotidien, il terminera sa vie à produire des tombes en terrazzo.

A l'heure où les cimetières sont menacés d'uniformisation par le renouvellement des concessions, le manque d'intérêt pour les stèles anciennes et la dispersion des familles, la redécouverte du travail de cet artiste oublié est l'occasion de mettre l’accent sur la qualité du patrimoine funéraire mosellan : chaque monument sculpté est une œuvre d'art unique qui évoque la mémoire intime et éphémère des générations passées.

Jean Michel Lang et Stéphane Beck

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